Le bipolaire et le travail

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Le bipolaire et le travail

Message par ailesdange le Mer 21 Mar - 17:12

Je voulais apporter mon témoignage sur un sujet qui me tiens à coeur : LE TRAVAIL !

  Il y a beaucoup de bipolaires qui travaillent, quoi qu'on en dise. nous sommes 500 000 bipolaires reconnus ou détectés en France. Pensez-vous sincèrement que ces 500 000 bipolaires sont tous à la MDPH et touchent l' AAH ? Et bien si oui, vous vous trompez lourdement et peut-être avez vous un bipolaire qui travaille avec vous sans que vous le sachiez et/ou que même lui le sache ( beaucoup souffrent de trouble bipolaire sans le savoir ).

 J'ai été détecté bipolaire à 30 ans et j'ai refusé le diagnostic et tout ce qui va avec (reconnaissance travailleur handicapé; invalidité; pension etc...). Alors j'ai fait littéralement un déni et j'ai travaillé sans même me rendre compte que je luttais pour cacher les symptômes de cette maladie. J'ai changé d'employeur à peu près tous les deux voir trois ans, sans pour autant me mettre au chômage, je changeais tout simplement de branche professionnelle, un moment dans l’hôtellerie et un moment AS ou Auxiliaire de vie, étant diplômée dans ces deux secteurs professionnels.

 Pour l'hôtellerie, je me suis voilée la face en me réfugiant sur l'excuse des horaires de fou, le stress, une demande toujours plus exigeante de mes employeurs face au poste que j'occupais. j'ai commencé par femme de chambre et fini comme gouvernante dans un hôtel 4*. Je devenais associable pour des clients toujours dans des demandes express, se prenant pour des MONSIEUR et MADAME 2......Leurs mots et gestes d'humiliation ont eu raison de moi, hop, hop,hop, je refusais d'être la reine même si EUX se prenaient pour des rois.....démissions....

 Pour les postes AS ou Auxiliaire de vie, j'arrivais à prendre sur moi, parce que j'aime le milieu médical ou para-médical. apporter ma joie, mon envie de vivre, être aux petits soins, ma rapidité d'excécussion et surtout les protocoles me faisaient avancer, surtout que les patients étaient en général très gentils avec le personnel soignant, sauf quelques uns et unes que la maladie rendait acariâtres. je ne comptais pas mes heures au détriment de ma famille......
et souvent, sans savoir pourquoi, je craquais pour des aiguilles dans une botte de foin. et hop, hop, hop, démissions......

 Retour en hôtellerie, et vice et versa.......Je décide de quitter ces deux milieux et rentre dans un collège......La pire chose que j'ai fait de ma vie.....C'est vraiment un milieu de requin où c'est la loi des titulaires,avec tous leurs avantages dont celui de la garantie de l'emploi et les assimilés fonctionnaires.....coups bas et méchanceté en tout genre, j'ai fait huit mois et rupture de contrat anticipé suite accident du travail, perçu comme volontaire.....Bref.

 Retour auxiliaire de vie, puisque je ne peux pas retourner en milieu hospitalier, je refuse le vaccin contre l'hépatite B, qui est obligatoire pour prétendre à un poste.

 Cela fait trois ans que je travaille pour une entreprise d'aide à la personne et là après 18 mois de plaintes à mon employeur pour une collègue qui ne veut rien faire parce qu'elle attend sa retraite et qui se plaint sans arrêt de ses doublons, dont moi, j'ai trop pris sur moi et hop, hop, hop, burn out.

 Je sais que vous allez vous dire : mais pourquoi se mettre dans un tel état pour si peu de choses?

 Et bien tout simplement parce que pour mon cas, l'hypersensibilité que je subis me fait péter les plombs.......voir certaines situations vécues par mes patients à cause de bras cassés ou même des membres de leur famille, me rendent malade. Leurs souffrances me font mal à ne plus en dormir. A chercher des solutions pour eux. A me couper en quatre....Tout ça, je ne peux plus actuellement.

 Mon gros problème c'est la gestion du stress, le faire avec, et le vivre avec......

 Un de mes patients qui est mort dans mes bras le 30 octobre dernier et je pense l'effet déclencheur de ma crise bipolaire. pour moi il était MON PAPILI, et son épouse MA MAMIE HÉLÈNE. Pour mon employeur, des clients......J'ai tenu bon pour les autres patients dont je m'occupais quotidiennement, mais ma maladie m'a sauté au visage, le 5 février. Elle a retiré le masque que je m'étais fabriquée depuis 1995 et en face de mon miroir, je me suis retrouvée nue, face à ma douleur, à ma détresse, à ma fragilité, à la honte.

 Il a fallu, la perte de mon papili et de ma mamie hélène pour que mon déni s'écroule et que enfin, je puisse voir la réalité et accepte le fait d'être bipolaire.

 Aujourd'hui, je suis mon traitement, je suis tout ce que me dit mon psychiatre et je souhaite stabiliser ma bipolarité et reprendre le travail.

 Voilà, pourquoi il est dur de travailler en étant bipolaire. Non seulement on doit faire des efforts surhumains (conscients ou inconscients) 7/7 et 24/24 pour ne pas que la maladie vous bouffe et aussi trouver un emploi où il n'y a pas trop de stress et des temps de pauses pour se reposer afin de reprendre des forces. Et suivre un traitement qui vous fatigue et pour certains empêche de conduire.

 C'est toutes ces raisons qui font que je vais devoir négocier avec mon employeur, parce que je ne peut plus me mentir en niant l'évidence de cette maladie et je refuse de lui mentir, cela ne serait pas correct et en plus je déteste le mensonge......

 ailesdange.

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Re: Le bipolaire et le travail

Message par Catdany le Jeu 22 Mar - 8:45

Je confirme le témoignage d Ailesdange je suis restée longtemps dans le deni,la colère et j ai rejeté mon diagnostic,travaillant moi même en milieu psychiatrique comme quoi tout à un sens dans la vie j ai atterri la pas par hasard je pense, avec beaucoup d empathie pour les patients ,Et pour cause j étais au plus près de la maladie pour avoir ressenti et vécu les aléas de la bipolarité j adorais mon boulot j étais même une passionnée mais avec le temps je penses que j aurais dû cesser mon activité plus tôt, trop d impact et d investissement personnel j ai fini mon activité en passant par un poste à mi temps thérapeutique on va dire que j ai lutté jusqu au bout mais les traitements ont eu raisons moi et ont contribué à l arrêt de mon activité et le passage en invalidité j ai du l encaisser et accepter ce nouveau statut c est vraiment pas ce qu' il y a de plus simple. Mais il faut prendre consciences qu' à un moment donné on se doit de se protéger
Toutes émotions positives ou négatives qu' on absorbe nous fragilise et nous déstabilise et avant de prendre soin des autres apprenons à prendre soin de nous ....

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Re: Le bipolaire et le travail

Message par ailesdange le Sam 24 Mar - 12:51

c'est tout à fait ça ma belle, pour prendre soin des autres nous devons prendre soin de nous. c'est pas évident quant on a toujours fait passer les autres avant nous et notre famille.

 Aujourd'hui, je dois apprendre à détecter les phases maniaque et le début des phases dépressives (symptômes, ressentis .....). entre mes deux burn out il s'est passé 18 mois. Le premier a duré un mois et demi et ce dernier dure depuis le 5 février. Mon psychiatre a prolongé jusqu'au 20 avril.......En attendant, je dois sortir de ma zone de confort.
j'ai déclenchée la peur de conduire et je me limite à 4km de chez moi et 16 maxi pour garer ma voiture et continuer en bus.

  Comme pour lui c'est une peur irrationnelle (phobie),je dois conduire au maximum de mes possibilités et arrêter dès que ma peur panique fait surface. rentrer chez moi si possible ou trouver un endroit pour faire baisser la crise. recommencer la même route et aller toujours plus loin......
jusqu'à ce que mon trouble panique ait disparu. Je commence par les routes normales et après cela sera sur autoroute. Maman!!! rien qu'en y pensant, j'ai le vertige. Moi? l'autoroute ? holala !!! NON !

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Re: Le bipolaire et le travail

Message par Catdany le Sam 24 Mar - 14:51

Du courage et une prise de conscience des troubles et l une des meilleures réponses durant les périodes de crises en haut ou en bas je souffre d agora phobie quand je suis en crise c est facile la moindre foule me tetanise adieu course ,circulation shopping ou même ballade c est un vrai handicap je suis perdue comme une enfant j ai plus aucun repère si ce n est ma peur mes filles m ont beaucoup aidé elles m ont accompagné durant c est periode et pas à pas je progressé c est une lutte de chaque jour la plupart des personnes ne comprennent pas on te dot de prendre sur toi mais on le fait déjà à fond on te dit de faire des efforts ,de bouger,d avoir de la volonté mais on en a on va puiser à fond dans nos tripes pour retrouver un minimum de stabilité on ne cesse de sortir de notre zone de confort et d affronter nos propres démons juste pour assurer le plus petit geste quotidien on se debat avec la voec est une energie qu on deploie pour ceux qu on aime mes filles ont été ma plus belle des motivation mais malgré c est une épreuve douloureuse qui n aboutit pas forcément c est un long chemin la force de se battre reste cependant aléatoire j ai passé de long moment allitée sans pouvoir réagir à me calfeutrer, sans aucune énergie pour rien ,mutique,juste un état végétatif c est la dureté de cette maladie ,Et la vous êtes plus vous même la mélancolie s installe seulement un traitement lourd viendra à bout de cet état.....c est pour ça que le terme bipolaire me semble banalisé dans l esprit de tout un chacun personne ne peut imaginé cet état grave de la maladie et encore moins l'état d hypomanie tu es hyper actif tu foncés sans limites t en perd le sommeil ,toute ton energie et puis un jour ton corps t arrête tu fais 42 kg et tu t effondres physiquement encore un versant de la maladie ou tout s emballe et malgres ta propre connaissance des symptômes c est difficile d être préventif il est important d informer les tiens tes proches ils sauront avec une bonne information de cette pathologie te mettre en garde et ils restent des alliés précieux pour lutter contre ses crises ....cette maladie reste une plaie ouverte sans cicatrisation possible la dompter reste aléatoire mais on s accroché au mieux....

Catdany

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informer nos proches

Message par ailesdange le Sam 24 Mar - 19:40

je pense que les informer de la maladie qui nous bouffe est évident, mais il est risqué d'attendre ou d’espérer (je ne sais pas quel mot utiliser pour le coup),c' est déstabiliser leurs propres repères.

Personnellement je suis le pilier des membres de ma famille qui la composent et je ne peux pas leur dire :" si vous voyez que je suis mal ou trop bien, dites le moi ". je n'ai pas le droit de toucher à leur propre équilibre dont je fais parti. ils sont en pleine adolescence ou jeunes adultes.

Alors, comme en ce moment je ne suis pas très bien, je leur dis que j'ai des soucis dont ils ne sont pas responsables et qu'ils peuvent m'aider en évitant le bruit et les disputes entre eux, afin de pouvoir me concentrer..... je sais je mens, mais qui ne dis rien ne ment pas. A chaque âge ses problèmes et si je leur demande de m'aider cela sera une charge de plus.

Tes filles sont adultes et construites psychologiquement et physiologiquement, c'est une chance de pouvoir compter sur leur aide. Very Happy  Very Happy

bises, I love you
ailesdange

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Re: Le bipolaire et le travail

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